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FRISE CHRONOLOGIQUE

 

1939

21 janvier 1939

En application du décret loi du 12/11/1938 concernant les étrangers indésirables.
Le 1er "centre de rassemblement" (plus tard camp de concentration) de Rieucros en Lozère mis en place par un nouveau décret du 21/01/1939 héberge en février quarante hommes (réfugiés autrichiens et juifs allemands anti-nazis).
Fin de la guerre d'Espagne, internement de "Brigadistes" et de réfugiées espagnoles.

Début 39 à été 40
L'administration des camps est placée sous l'autorité militaire française.
De 1939 à 1946
La France a interné 600 000 personnes (espagnols, réfugiés allemands, autrichiens, juifs, communistes, tziganes, etc…) dans des camps connus ou inconnus.
23 février 1939
Des milliers d'Allemands et d'Autrichiens hostiles au nazisme (dont deux tiers de juifs) se réfugient en France.Ils sont soumis "à une surveillance spéciale permanente dans l'intérêt de l'ordre ou de la sécurité publics" comme l'écrivait "Le MATIN" le 23 février 1939.
Février-mars 1939
Arrivée en France de milliers de Républicains Espagnols et de membres des Brigades Internationales.
26 mars 1939
L'entrée des troupes nationalistes dans Madrid marque la victoire du général FRANCO et provoque l'exode massif de Républicains Espagnols et de membres de Brigades Internationales.
En avril 1939
Mesures secrètes prises par l'état-major qui prévoyaient qu'en cas de mobilisation, tous les étrangers du sexe masculin âgées de 17 à 50 ans devaient être rassemblés dans le plus bref délai puis répartis en unités de travailleurs. 18 000 à 20 000 ressortissants allemands furent concernés.
A partir d'avril 1939
Les volontaires (issus des Républicains Espagnols et Brigades Internationales) forment des Compagnies de Travailleurs pour le compte de l'armée française.
23 août 1939
Signature du Pacte Germano-Soviétique.
En septembre 1939
300 000 juifs se trouvent en France dont 120 000 étrangers et apatrides.
En septembre 1939
15 000 ressortissants "ennemis" sont arrêtés par la police française et internés dans les camps du Vernet (Ariège), Gur (Basses-Pyrénées), St. Cyprien (Pyrénées-Orientales), les Milles (Bouches du Rhône).
02 octobre 1939
Rieucros devient un camp pour femmes. Les hommes sont tranférés au camp du Vernet (un camp français des plus répressif).
En octobre 1939
11 baraques en bois sont construites à Rieucros par des espagnols et des combattants des Brigades Internationales.
Dans certaines de ces baraques, jusqu'à 60 femmes pouvaient y être logées.
En octobre 1939
À la direction du camp de Rieucros il y a mademoiselle VALLOT et messieurs GUILBERT et VECEMBRE (2 inspecteurs de police).
18 octobre 1939
Transfert depuis la prison "La Petite Roquette" à Paris d'une centaine de femmes pour le camp de Rieucros en Lozère.
Hiver 1939-1940
Arrivée d'espagnoles, de polonaises, de russes, d'allemandes, de tchèques, d'italiennes, de roumaines et d'autres ressortissantes puis, de françaises.
Jusqu'à 25 nationalités différentes sont représentées dans le camp.
Dans les toutes premières françaises, madame Taurinya mère avec ses deux filles (Mathilde épouse de Gabriel Péry et Pauline épouse d'André Marty) et sa petite fille âgée de 2 ans 1/2 (fille de Pauline Taurinya et de Vicente Talens).
Hiver 1939-1940
Les raisons d'internement sont nombreuses et variées : les internées politiques et parmi elles on trouve des militantes communistes (telles les femmes Taurinya) de différents pays. Ensuite, des internées de droit commun, des trafiquantes du marché noir, de devises, des internées pour "autres motifs" comprenant les délits de galanterie, de racolage, mauvaise conduite, suspectes…, sans papiers, etc… et aussi des femmes anti nazies de la colonie allemande en France.
Noël 1939
Henri Bourrillon, maire de Mende, fît parvenir à chacune des internées un savoureux repas (avec de la dinde).

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1940

Décret du 23/01/1940
"Les étrangers et apatrides bénéficiant du droit d'asile sont autorisés à s'engager comme travailleurs étrangers au service de l'armée française".
08 mars 1940
Dans une baraque du camp de Rieucros, 1ère exposition d'objets fabriqués par les internées : outre les vêtements réalisés avec des couverture et autres tissus de récupération, il y avait des boutons pour vêtements faits en bois de buis, des poupées en herbe tressé, des sacs, des couvertures de livres, des ceintures et même des chaussures en raphia. Des pièces d'echec, des jeux de dame des coffrets en bois de différentes essences. Plus délicat, un jeu de petits chevaux fait de bois, de verre, de papier aluminium d'emballages.
Henri Bourrillon, alors maire de Mende, fût invité à cette 1ère exposition et proposa que par la suite, les travaux réalisés par ces femmes soient présentés et vendus au public au sein même de la mairie.
En mai 1940
L'invasion. Reprise des arrestations :
40 000 civils internés dans le sud de la France (70% de juifs)
En mai 1940
Presque toutes les femmes allemandes opposées au régime nazi sont internées dans des camps.
A partir du 13 mai 1940
Les unités de prestataires deviennent des Compagnies de Travailleurs Etrangers (CTE). Puis, des Groupements de Travailleurs Étrangers (GTE) sont institués par la loi du 27 septembre 1940.
Fin juin 1940
L'armistice franco-allemande est signé définissant les zones d'occupation. Pétain est désigné comme chef du gouvernement dans la zone occupée.
20 juin 1940
Le camp de Rieucros comptait 535 "étrangères indésirables, de toutes nationalités :
Droit commun=55; Motifs politiques=127; Suspectes du point de vue national=100; Autres motifs=194
En juillet 1940
Le camp de Rieucros compte 570 femmes et 42 enfants.

10 juillet 1940
Instauration de l'État Français : nouvelle période dans l'histoire des camps d'internement français dont l'administration passa sous le contrôle de la sureté
nationale.
En août 1940
Premières mesures antisémites.
Loi du 27/09/1940
Sont institués des Groupements de Travailleurs Étrangers (GTÉ).
Loi du 18/10/1940
Vichy promulgue une loi établissant le statut des juifs et ouvre les opérations de recensement.

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1941

En janvier 1941
(circulaire du 10 janvier 1941)

Le camp de Rieucros prend l'appelation de camp de concentration (au début, centre spécial de rassemblement des étrangers puis, camp d'internement et janvier 1941, camp de concentration). La torture et la mise à mort systématique n'y furent jamais pratiquées. Mais pour certaines, Rieucros fût l'antichambre de la mort (les allemandes opposées au régime nazi, les polonaises, les juives étrangères …).

De mai 1941 à février 1942
Le "camp de concentration de Rieucros" compte un effectif de 400 personnes (femmes et enfants) de toutes nationalités, dont 50 à 100 françaises (non lozériennes).
22 juin 1941
La Wehrmacht lança son attaque sur l'Union Soviétique.
Eté 1941
Un groupe d'autrichiennes arriva au camp de Rieucros. Parmi elles, il y avait Gerty Nürnberger (plus tard, Dora Schaul l'aidera à s'échapper de Rieucros) et Mali Fritz.
Ces deux camarades, mêlées à un procés à Montauban, furent acquitées pour non-lieu. Elles avaient "planqué" dans la doublure d'un de leur vêtement un drapeau des Brigades Internationales qui est aujourd'hui à Vienne au Comité
Central du Parti Communiste d'Autriche.

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1942

13 février 1942
320 femmes internées et 26 enfants (tous de Rieucros) sont transférés au camp de Brens près de Gaillac (81).
14 février 1942
La convention liant le Grand Séminaire de Mende et la Préfeture de la Lozère réalisée pour une durée de trois ans expire le 14-02-1942 et n'est pas renouvelée.
16 et 17 juillet 1942
Rafle du Vel'd'Hiv à Paris : 12884 arrestations (8160 juifs dont 4115 enfants juifs)
26 août 1942
Toutes les internées Polonaises et toutes les juives étrangères furent envoyées en déportation.


INFOS

* Les centres de séjour surveillés créés en application du décret-loi du 18-11-1939, 21-12-1939 et ordonnance du 18-11-1943 sur l'internement abusif des individus dangereux ord. du 04-10-1944.

* Dissolution des camps d'internement : circulaires n°1701 du 11-12-1946, n°592 du 08-12-1948 et n°1701 SM/MAT 2 n°4039 du 03-10-1946

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